leurres ou appâts le match en mer

Les Leurres sont plus Efficaces que les Appâts ?

leurres ou appâts ? Il y a de nombreuses années, un biologiste spécialisé dans la pêche (Mike Adle) et quatre de ses amis pêcheurs ont décidé de mesurer le succès de différentes méthodes de pêche en mer en se posant cette question. L’objet de leur étude sérieuse et scientifique, comme vous allez le voir, essaye de déterminer si la pêche aux leurres est aussi abondante que la pêche aux appâts. Tous les pêcheurs qui ont participé à cet événement étaient des pêcheurs à l’appât et au leurre expérimentés (voir chevronnés). Ils ont organisé l’expérience de manière à ce que chaque méthode de pêche reçoive un “effort de pêche” équivalent. Ainsi, ils ont choisi de façon aléatoire la technique que chaque pêcheur allait utiliser chaque jour afin d’éliminer les biais.

Bar pêcher au leurre dur de surface

Ils ont donc étudié spécifiquement les trois scénarios de pêche les plus courants dans leur région, à savoir  la pêche :

  • avec des appâts depuis la plage,
  • au leurre et à la mouche depuis le bord,
  • la pêche en bateau en utilisant à la fois des appâts et des leurres.

Ce qu’ils ont découvert est vraiment passionnant, que vous soyez un adapte de la pêche aux leurres ou que vous ne juriez que par les appâts…

Comme souvent dans les ouvrages, les revues, les blogs ou même les chaines YouTube sur la pêche, on retrouve des récits de sorties de pêche à la ligne (toutes catégories confondues) sans indications précises sur la qualité de la sortie. Était-elle médiocre, moyenne, bonne ou exceptionnelle ? Sur Youtube, c’est dans 99% la plupart des cas exceptionnel mais qu’en est-il réellement? Quel moyen de comparaison avons-nous ? Ces pêcheurs ont décidé de nous livrer un compte rendu simplifié de quelques-unes de leurs années de pêche à la ligne avec une approche scientifique.

Comment peut-on juger la “qualité” d’une forme de pêche ?

Un spécialiste de la pêche sur épave peut considérer qu’une bonne sortie est une sortie au cours de laquelle il attrape un certain nombre de kilos de poisson. Il dépensera des sommes considérables en carburant, en bateaux et en matériel de pêche. Le pêcheur d’épaves doit également faire face à des annulations dues aux mauvaises conditions météorologiques, au mal de mer…. Cependant il n’atteindra pas 100 % de réussite.

De l’autre coté, il y a le pêcheur en eau douce qui se contente de prises moindres et de poissons beaucoup plus petits, plus ou moins non comestibles. Les prises de gros poissons sont plus occasionnelles. Là encore, il peut parcourir des kilomètres pour pêcher et acheter un matériel coûteux. Il doit également accepter les caprices du temps (tempêtes, inondations ou vent).

Les plaisirs de la pêche à la ligne se manifestent sous toutes ces formes et bien d’autres encore. Le pêcheur de saumon peut même passer une saison avec peu de résultats, dans l’attente de pouvoir un jour attraper l’insaisissable poisson trophée.

En bref, qui serait assez fou pour dire que l’une de ces formes ou techniques de pêche à la ligne est “meilleure” qu’une autre ?

Alors, comment estimer des résultats ?

Le poids des poissons capturés n’est pas d’une grande utilité car les différentes espèces varient trop en terme de taille. Ce que ces pêcheurs scientifiques retiennent dans cet expérience, c’était une sorte de mesure de la réussite en termes de prises et d’efforts. En effet, aussi beau que soit le paysage, l’objectif ultime d’un pêcheur est d’attraper du poisson, sinon il faut se mettre à la randonnée…

Comme cette analyse porte sur un grand nombre de pêcheurs, la mesure de l’effort utilisée dans cette étude est l’heure-homme. Prenons un exemple pour que ce soit clair pour tout le monde : Ainsi, un groupe de 10 personnes pêchant pendant 1 heure ou 1 pêcheur pêchant pendant 10 heures depuis la plage représenterait chacun dix heures de travail.
La réussite est jugée de deux façons. Premièrement le nombre total de poissons capturés, qui est une indication de la quantité d'”action” en une heure. Deuxièmement, le nombre de “bons” poissons capturés. Pour les besoins de cette étude, les “bons” poissons sont définis par les pêcheurs eux-mêmes, car, comme nous l’avons vu, chacun possède ses propres critère en fonction de ses objectifs.

leurre ou appats

Types de pêche

L’expérience couvre 4 années successives pour lesquelles des registres détaillés ont été tenus pour chaque sortie. Voici les méthodes évaluées :

  • Pêche en bateau – À maximum 1 mile du rivage au Sud de l’Angleterre. Les méthodes utilisées sont généralement de simples hameçons de course ou paternoster.
  • du bord – Bancs de vase, de sable, de gravier et de roche. Vingt-trois appâts différents évalués sur quatre ans. Les appâts ont été utilisés pour des pêches au flotteur, fixes et coulissantes.
  • Pêche au lancer – À partir du bateau et du rivage. permet de couvrir une large gamme de leurres qui ont été traînés, lancés et récupérés ou jiggés selon le cas. 
  • Pêche à la mouche – Pêche à la mouche avec des cannes à pêche à la truite à partir des rochers. 

La plupart des leurres ou appâts utilisés sont des “classiques” et sont les mêmes que ceux utilisés par les autres pêcheurs à la ligne.

Les principaux poissons attrapés lors de cette étude sont les bars, lieus, cabillauds, morues.

Les résultats

Au cours des 4 années de l’étude, le nombre d’heures de pêche a varié entre 408 et 740 heures chaque année.

Méthode de pêcheHeure-Homme par poissonHeure-Homme par “bon” poisson
Du Bord avec appâts2,134,0
Du Bord aux leurres (et mouche)2,46,0
Du bateau (leurre et appâts)0,74,2

Comme vous pouvez le voir dans le tableau ci-dessus, la pêche de la plage (méthode de pêche à l’appât) produisait un poisson environ toutes les 2 heures-hommes. C’est une sous-estimation car en réalité beaucoup de petits poissons capturés n’ont pas été enregistrés. Il est également intéressant de noter que le temps consacré à la capture d’un “bon” poisson a été en moyenne de 34 heures au cours de l’étude. Il a toutefois nettement diminué au cours des quatre années, même si le nombre d’heures de pêche a varié. La première année il fallait 49 heures pour chaque “bon” poisson et, la dernière année, seulement 13 heures. Cette amélioration est due à une approche plus critique du lieu et du moment où ils pêchaient.

C’est la même chose pour les méthodes de pêche à la mouche. Au cours de la même période, le lancer et la mouche ont produit un poisson toutes les 2 heures environ. Cependant, la différence la plus frappante réside dans le nombre d’heures par “bon” poisson, qui n’est en moyenne que de 6 contre 34. L’absence d’amélioration constante de l’effort nécessaire pour capturer un “bon” poisson est probablement due à l’évolution constante des méthodes et au fait qu’une proportion croissante du temps est consacrée à la pêche à la mouche. De plus il est très difficile d’établir une équivalence entre un “bon” mulet capturé à la mouche et un “bon” bar capturé au lancer…

Analyse

Avant de nous laisser emporter par ces résultats, il est bon de rappeler que, normalement, la pêche aux leurres  et la pêche à la mouche se font entre les mois d’avril et de novembre. Si l’on se limite à ces mois-là, il fallait encore 3 fois plus de temps pour attraper un “bon” poisson par appât qu’au leurre.

leurre souple pas cher chineLes résultats de la pêche en bateau sont meilleurs qu’au bord, tous les poissons comme les “bons”. En fait, comme beaucoup de petits poissons capturés pour l’appât n’ont pas été enregistrés, l'”action” a souvent été plus importante que ce que suggèrent les chiffres. Le maquereau n’a pas été pris un compte car le passage d’un banc pouvait considérablement déformer les résultats.

Tout au long de l’expérience, les pêcheurs ont toujours été désireux d’essayer de nouvelles techniques ou d’adapter les anciennes si celles-ci aidaient à capturer plus de poissons ou des poissons de meilleure qualité. Comme vous le savez, les idées ne manquent jamais, mais peu d’entre elles réussissent du premier coup… 

La nourriture préférée de chaque espèce de poisson peut varier considérablement en fonction du temps et du lieu. Pourquoi en est-il ainsi ? Voici quelques explications possibles :

  • Les leurres ou appâts ssont peut être acceptable mais ce n’est normalement pas pas la saison pour le poisson.
  • Les appâts ou les leurres sont facilement attrapés par le poisson, alors que les véritables petits poissons vivant en liberté peuvent s’échapper.
  • Les leurres ou appâts peuvent ressembler à des poissons blessés. Tout le monde doit avoir remarqué que même les poissons d’aquarium peuvent attaquer un membre de leur communauté en bout de course.
  • Il est probable que beaucoup plus de poissons seraient capturés si l’on accordait plus d’attention au régime alimentaire des poissons et à la présentation des appâts.

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Alors, leurres ou appâts ?

Voilà, c’est prouvé. Cette étude exhaustive de quatre ans sur les différentes méthodes de pêche montre que les appâts n’ont pas autant de succès en termes de “bons” poissons capturés que la pêche aux leurres ou à la mouche.

Ces résultats montrent qu’un pêcheur qui passe de l’appât à l’utilisation de leurres et de mouches peut s’attendre à un nombre de prises équivalent mais c’est surtout la fréquence de ses prises de bons poissons qui va augmenter.

Enfin, le meilleur appât pour la plupart des situations et des espèces est généralement un leurre en déplacement. Les meilleures zones de pêche sont celles “où le poissons se nourrit”. Cela peut sembler simple, mais de nombreux pêcheurs ne comprennent pas  le simple fait qu’il est impossible d’attraper du poisson si aucun poisson n’est présent. Bien que les poissons puissent être capturés dans n’importe quelles conditions météorologiques et à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, l’aube et le crépuscule restent des moments “optimaux” et un front de basse pression stimule souvent l’appétit des poissons.

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